Vancouver Rise a remporté la toute première finale de la Super Ligue du Nord en renversant l’AFC Toronto 2-1, devenant ainsi la première équipe championne professionnelle d’une ligue féminine nationale au Canada. Ce succès, acquis au terme d’une remontée spectaculaire au BMO Field, marque un tournant historique pour le soccer féminin canadien.
Une finale renversante à BMO Field
Devant 12 429 spectateurs à Toronto, l’AFC Toronto avait d’abord confirmé son statut de favorite en ouvrant le score grâce à la jeune attaquante Kaylee Hunter, 17 ans, après une transition offensive rapide. Les locales, déjà la meilleure équipe de la saison régulière, ont longtemps imposé leur rythme avant la pause, poussant la gardienne de Vancouver, Morgan McAslan, à plusieurs arrêts décisifs.
La bascule survient au retour des vestiaires, quand Vancouver profite d’un but contre son camp de la gardienne torontoise Sierra Cota-Yarde pour revenir à 1-1 et faire douter un BMO Field jusque-là euphorique. Porté par cette égalisation inespérée, le Rise prend confiance balle au pied et commence à imposer son pressing et sa capacité à attaquer les espaces.
Holly Ward comme symbole
À la 68e minute, Holly Ward incarne parfaitement ce momentum en faveur des visiteuses. Lancée côté gauche après une relance millimétrée de Samantha Chang, l’internationale canadienne déborde, repique vers l’intérieur et ajuste Cota-Yarde d’un tir croisé qui fait basculer la finale.
AFC Toronto pousse alors pour revenir, trouvant même le poteau sur une tentative de Hunter avant qu’Esther Okoronkwo ne se heurte à un sauvetage héroïque sur la ligne de la défenseure Jasmyne Spencer. McAslan, irréprochable, empile les arrêts et termine la rencontre avec sept interventions, assez pour être nommée joueuse du match de cette première finale de la Super Ligue du Nord.
Un titre fondateur pour le Rise
En s’imposant, Vancouver Rise devient la toute première championne de la Super Ligue du Nord et la première détentrice de la coupe Diana B. Matheson, trophée qui porte le nom de l’une des figures emblématiques du soccer canadien. Fondée en 2022 et adossée au projet des Whitecaps, la franchise avait été pensée comme un pilier de la nouvelle ère professionnelle du jeu féminin au pays.
Cette victoire boucle une saison où le Rise a progressé au fil des mois, portée par un noyau de talents canadiens comme Quinn, Jess De Filippo, Ward ou Abdu, régulièrement décisives dans les moments clés. Le contraste est d’autant plus fort que Toronto avait infligé un 7-0 à Vancouver plus tôt dans l’année, ce qui donne à ce scénario de remontée des allures de revanche parfaite.
Un tournant pour le soccer féminin canadien
Au-delà du résultat, cette finale s’inscrit dans un moment charnière pour la Super Ligue du Nord, première ligue professionnelle féminine de l’histoire du Canada avec six clubs répartis de Halifax à Vancouver. L’ambiance au BMO Field, la couverture télévisée nationale sur plusieurs diffuseurs et l’audience dépassant le million de téléspectateurs confirment un intérêt réel pour ce nouveau produit sportif.
Ce contexte favorable se double d’un signal politique fort : alors que Vancouver soulevait le trophée, le gouvernement fédéral annonçait un investissement pouvant atteindre 5,45 millions de dollars pour soutenir la croissance de la ligue, en particulier via la modernisation des infrastructures et le développement régional. Le message est clair : le soccer féminin n’est plus un projet expérimental, mais un secteur stratégique de la scène sportive canadienne.
Héritage immédiat et prochaines étapes
Pour les joueuses de Vancouver, être la première équipe à inscrire son nom au palmarès signifie entrer instantanément dans l’histoire, bien au-delà des frontières de la Colombie-Britannique. Chang l’a résumé en parlant d’un parcours « plein cercle » : première équipe à jouer dans la ligue en avril, première à soulever un trophée en novembre, comme si cette génération avait été choisie pour ouvrir la voie.
Pour l’AFC Toronto, la déception d’une finale perdue après une saison quasi parfaite n’efface pas le rôle de locomotive joué tout au long de l’année, que ce soit dans les tribunes, sur le terrain ou en termes de visibilité médiatique. Mais en ce soir de novembre, c’est bien le Rise de Vancouver qui s’impose comme l’image forte de cette nouvelle ère : une équipe qui a plié sans rompre, pour offrir au Canada la première grande histoire de sa ligue professionnelle féminine.



